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Décor et lieu

Commentaires

Intrigue

Citations

 

Personnages

Extrait

Synopsis

DÉCOR et LIEU

Le salon d’une résidence sans luxe excessif. La maison se trouve en bordu-re d’un golf.

Le décor peut être classique et chargé avec, par exemple une baie vitrée don-nant sur le golf, ou, au contraire, très dépouillé : un fond noir, des sièges sim-ples, une table ronde. Dans ce cas, les costumes et l’éclairage remplaceront le décor.

COMMENTAIRES

Deux actions se mêlent : des questions familiales générationnelles et une enquête policière menée par deux détectives privés farfelus et caricaturaux, qui se prennent pour deux personnages célèbres.

Pour ménager le suspens, le problème familial occupe une place prépondérante pendant deux bons tiers de la pièce. Ce choix de l'auteur est volontaire.

Le dénouement, qui peut paraître tiré par les cheveux, ne serait renié ni par Agatha Christie, ni par Sir Arthur Conan Doyle, ni par bien d'autres romanciers classiques d'énigmes policières, chez qui la solution semble sortie soudainement d'une chapeau de magicien.

INTRIGUE

Un meurtre a été commis dans la salon d’une résidence abritant un couple plus ou moins âgé et ses deux nièces.

Deux détectives interviennent, Solmes et Puerro, dont la ressemblance avec des personnages célèbres n’est absolument pas due au hasard.

Rapidement, l’action se détourne de l’affaire policière (on y reviendra vers la fin) pour se concentrer sur les problèmes familiaux, surtout sur la cohabitation entre les deux générations.

 

 

CITATIONS

Solmes est un incorrigible misogyne. Les horreurs qu'il débite n'engage que lui et ne sauraient en aucun cas refléter les opinions de l'auteur sur la gente fémi-nine.

« Si Dieu, dans son infinie sagesse, avait créé Ève en prélevant à Adam, en lieu et place d’une côte, un morceau du cer- veau, nous n’en serions pas là. »

"On est en droit de se demander pour-quoi le créateur, si tant est qu'il y en eût un, s'est donné la peine de fabriquer cet être inférieur, qui plus est doué de la parole. Il y a, certes, des hommes stu-pides, mais ce n'est pas une règle. Par contre, quand une femme, surtout de la bonne société, se met à discourir, il faut prendre son mal en patience. Et tout le paradoxe est là : les bonnes manières veulent qu'on l'écoute, quelles que soient les inepties qu'elle débite, qu'on opine du chef comme si l'on approuvait les extravagances qu'elle nous sert et qu'on s'exclame sur l'esprit brillant qui
est le sien."

 

Solmes:

Vous remarquerez que presque tous les mots qualifiant la sottise sont féminins : la bêtise, l’ineptie, la niaiserie, la bagatelle, la futilité, l'ânerie, la bévue, la fadaise... On peut multiplier les exemples à l'infini.

 

Adèle :

Le crétinisme...

Solmes :

Oui, mais on parle aussi de la crétinerie."

PERSONNAGES

 

Charly Solmes

Il voit le jour un 22 mai (jour anniversaire de la naisssance de Sir Arthur Conan Doyle), à Ouilly-le-Basset (Calvados), ce qui n'explique pas sa haute taille. Cette région est considérée comme le berceau normand de la famille des Conan Doyle. Une tante à héritage, Marceline Solmes, célibataire par conviction, bien que fort accorte, avait eu la fantasque idée d'acquérir une résidence secondaire à Lucens, aux confins du canton de Vaud, en Suisse et plus précisément un un pâté de maisons du Musée Sherlock Holmes, 7 rue des Greniers. Le jeune Charly, au cours de longues vacances chez Tantine, fréquenta assidûment l'illustre collection.

Ces deux éléments biographiques suffirent à amollir encore un cerveau déjà cotonneux. Dès lors, le jeune homme confondit définivement sa propre et modeste personne avec le célèbre détective. Ceci ne l'empêcha pas d'ouvrir une officine privée qui connaît toujours un certain succès dans la campagne française.

Herculès Puerro

Natif de la Provincia de León, qu’il mettra longtemps à quitter, contraint et forcé, il serait le digne représentant d’un peuple fier et courageux, quoique parfois légèrement ombrageux, il le serait certes, s’il n’était pénétré à ce point de sa propre valeur.

Son patronyme l’agace au plus au point, bien qu’il soit, par son allure générale et son accoutrement en particulier, une digne caricature de son illustre homonyme (à peu de chose près).

Il fut le chef de la police de León, il se prend pour un détective privé brillant, doué d’une sûreté de raisonnement nettement supérieure à la moyenne de ses semblables. Hélas, dans la vie réelle, l’image qu’il se fait de lui-même ne correspond pas tout à fait à celle que ressent le commun des mortels, c’est-à-dire vous et moi.

Zoé

Il ne faut pas confondre « femme célibataire » et « vieille fille ». La seconde proposition implique beaucoup plus d’éléments, notamment à propos du caractère, du sens de la vie et de la morale, au sens commun du terme. En outre, il n’est pas nécessaire d’être femme pour demeurer célibataire, de même qu’il ne faut pas obligatoirement accumuler les années pour se révéler « vieille fille ». Ce qui précède éclaire bien le portrait de Zoé, à quoi il convient d’ajouter un esprit quelque peu limité. Sans être complètement sotte, elle ne brille pas par l’efficacité de son cerveau. Sa sœur, Adèle, est différente.

 

Adèle

Sœur de Zoé, elle a l’entendement moins embrumé. Sa préoccupation principale est de trouver le moyen de quitter son statut de demoiselle « plus tout à fait » jeune.

Ninon et Arthur

Tante et oncle de Zoé et Adèle, ils forment un vieux couple type. Bien qu'on sente qu'une profonde tendresse les unit, ils se moquent volontiers l'un de l'autre. Ils hébergent provisoirement leurs deux nièces, Zoé et Adèle, mais trouve que le « provisoire » commence à durer bien longtemps.

Ninon est alerte, énergique, volontiers loquace. Arthur est nettement plus calme, voire apparemment absent, à l'instar de ceux qui n'entendent pas ce qui les dérange.

 

Le cadavre 

C'est un homme sportif, mais assez lent. Il n'est pas très bavard. Ces deux éléments s'expliquent peut-être par le fait qu'il a été assassiné avant le début se la pièce.

Un rôle, très bref, qui convient à un acteur emprunté et paniqué à l'idée d'oublier son texte.

Synopsis

 

Scène 1

Le rideau est fermé. Adèle rejoint l'avant-scène. Il demande un policier dans la salle. Charly Solmes et Herculès Puerro s'annoncent et montent sur scène. Ils ressemblent à deux détectives assez connus.

Le rideau s'ouvre. Un cadavre est allongé sur une table. C'est le moniteur du golf d'à côté. Les deux policiers commencent l'examen du corps. Ils ne sont visiblement pas à la hauteur de leurs modèles. Ils emportent la dépouille à la cave.


 

Scène 2

Ninon expose à Arthur la manière de bien réaliser un sudoku. L'un et l'autre sont lassés de la présence chez eux de leurs nièces Adèle et Zoé.

À l'arrivée d'Adèle, ils tentent de l'encourager à trouver un homme.

Zoé, qui revient des courses, ne fait pas preuve d'une grande finesse d'esprit.


 

Scène 3

Arthur éprouve toujours de grandes difficultés avec son sudoku.

Ninon et lui, décidément, n'en peuvent plus de la situation avec leurs nièces. Ninon énumère toutes ses tentatives pour trouver un parti à l'une et à l'autre. Elle pousse Arthur de s'en occuper.


 

Scène 4

Zoé et Adèle occupent le salon, après avoir mis Ninon à la porte. Adèle se doute de la lassitude de leur tante et de oncle. Elles cherchent une solution, mais ce n'est pas sur l'esprit confus de Zoé qu'il faut compter.

Soudain, le cadavre revient sur le tapis... si l'on peut dire. Adèle évoque la possibilité que le moniteur du golf aurait été assassiné par l'oncle et la tante pour des questions d'argent. Cette piste ne tient pas la route.

Les deux sœurs décident de partir à la chasse d'un mari.


 

Scène 5

Arthur tente de donner une leçon de sudoku à Zoé : mission impossible.

Après cette entrée en matière ratée, il tente d'expliquer à sa nièce comment séduire un jeune homme.

Il la pousse à séduire Puerro.


 

Scène 6

Ninon découvre que ses bijoux ont disparu.

Revoilà Solmes. Il apprend le vol et entame une série de déductions aussi farfelues les unes que les autres.

Adèle avoue qu'elle a emprunté un coller à sa tante. Par inadvertance, Solmes a une idée lumineuse : Adèle a-t-elle rangé le coffret au bon endroit ?

La question est résolue, mais on ne parle toujours pas du meurtre.


 

Scène 7

Poursuivant la mission que lui a confiée Ninon, Arthur tente de convaincre Adèle de mettre de l'eau dans son vin et d'aborder les hommes avec une peu plus de discrétion et d'empathie.


 

Scène 8

À l'arrivée de Puerro, on pourrait penser qu'on va enfin s'occuper du crime.

Eh bien, non ! Pour obéir à Tonton, Zoé tente de séduire Puerro en pure perte, bien entendu.


 

Scène 9

C'est au tour d'Adèle de tester ses talents de séductrice sur Solmes, qui est aussi misogyne que son modèle. La situation se retourne très vite et Solmes donne à Adèle un cours de féminisme à l'envers.


 

Scène 10

Adèle et Zoé comparent leurs chances respectives de trouver chacune une âme sœur. Adèle veut prendre des photos à mettre sur Facebook. C'est compter sans l'absence de tout sens pratique... ou de sens tout court de Zoé.


 

Scène 11

Dans la pénombre, un bruit de chute.

Après dix scènes, nous y sommes. Solmes et Puerro s'entretiennent du meurtre et confrontent leurs méthodes et leurs conclusions saugrenues.

Puerro aperçoit Arthur allongé, sans connaissance. Pour Solmes, il n'y a aucun doute, l'oncle a aussi été trucidé, sans doute par son complice dans l'assassinat du moniteur de golf.

Solmes fouille les poches du trépassé, qui se met à glousser, puis à rire franchement à cause des chatouilles.


 

Scène 12

Adèle et Zoé comparent les mérites respectifs de Solmes et de Puerro.

Elles finissent par décider que la meilleure stratégie, face à Ninon et Arthur, est de continuer sur le même modèle : on rencontre des hommes, on les traite n’importe comment, ils fuient et l’on peut rester chez l’oncle et la tante.


 

Scène 13

Solmes a demandé à tous les habitants de venir l’attendre dans le salon. Pourquoi ?... Suspense !

Seul manque Arthur.


 

Scène 14

Solmes et Puerro tiennent en respect un homme cagoulé.

Dans une scène digne d’Agatha Christie, Solmes, qui emprunte le rôle traditionnel de Puerro, entame un tour de table en accusant, l’un après l’autre, tous les protagonistes. La tâche n’est pas facile. Ils apprécient modérément, surtout Adèle qui poursuit Solmes pour le gifler.

C’est au tour de Zoé de s’emporter et de tenter d’agresser le détective.

Puerro montre un clame olympien, quasi britannique.

Toujours comme chez la divine Agatha, Solmes sort l’assassin de son chapeau, si l’on peut dire.

Scène 1 [Adèle, Puerro, Solmes]

          Rideau fermé. Adèle entre devant le rideau.

Adèle :      - Y a-t-il un policier dans la salle ?

         Puerro et Solmes sont assis dans la salle. Puerro, cour, Solmes, jardin.

Puerro et Solmes :  - [se levant] Ici !

Adèle :        - Pourriez-vous monter sur scène, nous avons un problème ?

         Puerro et Solmes montent sur scène, se regardant en chiens de faïence.

Adèle :        - Messieurs !

Puerro :       - Hércules Puerro, détective.

Solmes :      - Charly Solmes, détective distingué. [À Puerro] Vous êtes Espagnol et vous avez mangé de la paella.

Adèle :         - Extraordinaire ! Comment savez-vous cela ?

  

Solmes :       - Votre patronyme indique que vous êtes ibérique. La paella est votre plat national. Un grain de riz jaune est                           resté collé sur le revers de votre veste.

Puerro :        - Vous êtes Anglais et vous ne m'impressionnez pas.

Solmes :       - Raté ! Je suis natif d'Ouilly-le-Basset et je vais vous étonner.

Puerro :        - Où est le problème ?

Adèle :         - Rideau !

          Le rideau s'ouvre. Sur la table de la salle à manger gît un homme.

Adèle :          - [montrant le cadavre] Là !

        Puerro et Solmes s'approchent du cadavre. Solmes se penche sur lui.

Solmes :      - Il n'a pas l'air bien.

Puerro :       - Puissante déduction. Hércules Puerro n'aurait pas dit mieux.

Solmes:       - Son pouls ne bat plus.

Puerro :       - Ça ne s'arrange pas.

 

Solmes :      - Le pronostic vital est engagé.

 

Puerro :       - Votre réputation n'est pas usurpée. Votre raisonnement est impressionnant.

Solmes :      - Il n'y a que deux explications. Ou il a quitté ce bas monde, ou il souffre de catalepsie.

Puerro :       - Avec son teint grisâtre, Herculès Puerro pencherait pour la première version.

 

Solmes :      - Les fossoyeurs mordaient le pouce du pied des défunts pour s'assurer de leur mort avant de les enterrer,                               d'où leur surnom de croque-mort. Monsieur Puerro, procédez, je vous prie.

Puerro :       - C'est dégoûtant ! Pourquoi pas vous ?

Solmes :      - [à Adèle] Auriez-vous un objet pointu ?

Adèle :         - [tendant une épingle à cheveux] Ceci ferait-il l'affaire ?

Solmes :      - Parfaitement.

         Solmes pique le pied du cadavre.

Puerro :        - Il n'a pas bougé d'un iota. Mais, Monsieur Solmes, vous oubliez quelque chose, ce qui m'étonne de vous :                              la paralysie hémisphérique, qui rend insensible un côté du corps.

Solmes :      - Figurez-vous, Monsieur Puerro, que j'y avais pensé.

         Solmes pique l'autre pied du cadavre.

Solmes :       - Qu'en déduisez-vous ?

Puerro :        - Qu'il pourrait souffrir de paralysie hémisphérique, mais qui nous dit qu'il n'est pas hémiplégique seulement                         du haut du corps ?

Solmes :       - Croquez-lui le nez.

Puerro :        - [un peu agacé] Prêtez-moi votre instrument.

         Puerro pique le nez du cadavre.

Solmes :       - Aucune réaction.

Puerro :        - Hércules Puerro affirme que cet homme est mort.

 

Solmes :      - [sarcastique] Et Hércules Puerro serait-il capable de nous indiquer depuis quand ?

 

Puerro :       - Monsieur Solmes, vous avez commencé l'examen, poursuivez !

 

        Solmes prend un pied du cadavre et le soulève.

 

Solmes :      - Rigidité cadavérique.

 

Puerro :       - Décidément, votre sens de l'observation m'étonnera toujours.

 

Solmes :      - Elle intervient trois à quatre heures après le décès et disparaît trois jours plus tard.

 

Puerro :       - C'est donc dans ce laps de temps qu'il est passé de vie à trépas.

Solmes :      - Votre puissance de raisonnement est imparable.

Puerro :       - Maintenant, il conviendrait de découvrir qui il est.

          Solmes met sa pipe dans sa bouche, se place dos au public de manière à ce qu'on ne voie pas ce qu'il fait. On                     comprendra très mal la réplique suivante.

Solmes :       - [bafouillant] Il s'agit d'un homme de trente-cinq ans, quatre mois et trois jours. Il est de nationalité                                        française, né à Buenos Aires. Il se nomme Sébastien Fouillet-Touyard. Il a une bonne situation ou, du                                        moins, il l'avait. Il mesure un mètre quatre-vingt-quatre.

 

Puerro :        - Sans vouloir vous offenser, si vous ôtiez votre pipe, on comprendrait mieux.

 

Solmes :       - [enlève sa pipe] Il s'agit d'un homme de trente-cinq ans, quatre mois et trois jours. Il est de nationalité                                  française, né à Buenos Aires. Il se nomme Sébastien Fouillet-Touyard. Il a une bonne situation ou, du                                        moins, il l'avait. Il mesure un mètre quatre-vingt-quatre.

Adèle :          - Comment diable pouvez-vous savoir cela ?

          Solmes se retourne en tenant un carnet.

 

Solmes :       - C'est inscrit dans son passeport. [À Adèle] Le connaissez-vous ?

 

Adèle :          - Bien sûr ! C'est le moniteur du club de golf.

 

Solmes :      - Depuis longtemps ?

 

Adèle :         - Deux ou trois mois.

 

Puerro :        - Solmes, la différence entre vous et moi, c'est qu'Hércules Puerro fonctionne avec ses petites cellules                                     grises. Et, précisément, cet homme est mort il y a au moins trois heures. Comment expliquez-vous qu'on ne                             l'ait pas remarqué plus tôt, couché sur la table de la salle à manger ?

 

Solmes :       - Il n'est pas bien gros.

 

Puerro :        - Tout de même ! Mais enfin, réfléchissez ! Cela signifie que personne n'a pénétré dans cette pièce pendant                             ce temps.

 

Solmes :       - Vous oubliez les myopes et les distraits. [À Adèle] Madame, portez-vous habituellement des lunettes ?

 

Adèle :          - Non ! Des verres de contact.

Solmes :       - Quand vous avez aperçu la victime, vous reveniez de faire des courses.

 

Adèle :          - Effectivement.

 

Solmes :       - Vous aviez encore vos souliers aux pieds et, dans une maison bien tenue comme celle-ci, on ne circule                                   qu'en pantoufles. Vous n'avez pas eu le temps de les enfiler, parce que vous êtes entrée directement dans                               la salle à manger et que vous avez perdu votre sang-froid.

 

Puerro :        - Vous insinuez que Madame est innocente. Faut-il trois heures pour accomplir le tour du supermarché ?

 

Solmes :       - Il ne vous échappera pas que la lueur dans son œil gauche est pour le moins terne, malgré le verre de                                    contact, ce qui implique que ce n'est pas la vivacité de sa vue qui fait son charme. Elle a donc besoin de                                    temps pour trouver le produit à lessive désiré.
 

Puerro :        - Admettons... pour l'instant. Le grand Solmes pourrait-il nous dire de quoi est morte la victime ?

 

Solmes :       - L'observation des petits détails est des plus éclairante. Regardez, dans la chemise, cette déchirure de cinq                          centimètres au niveau du cœur. Elle est entourée d'un liquide séché de couleur rouge.

 

Puerro :        - Curieux, en effet, la chemise est verte.

Solmes :       - Il n'y a guère de doute : cet homme a été poignardé en plein cœur.
 

Puerro :        - Puerro et ses petites cellules grises ajoutent : dans l'intention de le tuer.

Solmes :       - Pas de conclusion hâtive. Nous ne voyons pas l'arme du crime.

Puerro :         - Il est évident que l'assassin est parti avec.

Adèle :          - Ne faudrait-il pas avertir la police ?

Puerro :        - Puerro allait proposer de l'appeler. Elle ne sert à rien, mais c'est la loi.

         Solmes sort un portable.

 

Solmes :       - Je m'en charge.

 

Puerro :        - Pourquoi vous ?

 

Solmes :       - Parce que je suis très connu dans la région.

 

Puerro :        - Puerro, lui, est célèbre partout.

 

         Solmes compose un numéro.

 

Solmes :       - Allo, la gendarmerie ? Nous avons découvert un homme apparemment assassiné... Qui suis-je ?...

                       [À Puerro] Ce factionnaire ne reconnaît pas ma voix. Dans quel monde vivons-nous !... [Au téléphone] Je                                  suis Charly Solmes... Pardon ? Vous, vous êtes la reine d'Angleterre ? [À Puerro] Me serais-je trompé de                                    numéro ?... [Au téléphone] Mon Ami, auriez-vous l'obligeance de me passer votre supérieur hiérarchique ?...                          [À Puerro] Ils vont voir ce qu'ils vont voir !... [Au téléphone] Commissaire Verdier ? Dites, votre plancton...                                planton... est-il bien efficace ?... Comment ça ? Rien ne prouve que je sois [appuyant sur "le"] le Charly                                      Solmes ?

 

Puerro :        - Avec Puerro, nous n'aurions pas eu tous ces problèmes.

 

Solmes :      - Je comprends... vérifiez à votre aise... Où étais-je, il y a trois ans, le 21 mai, à quinze heures quarante-                                   sept ?... J'arrêtais l'arrière-petit-fils du professeur Moriarty.

 

Adèle :         - Quelle mémoire !

 

Solmes :      - [À Adèle] On me pose toujours la même question. [Au téléphone] Si j'ai fait les constatations d'usage ? Bien                        entendu, Commissaire... Vous ne pouvez pas bouger ?... [À Puerro] Un vandale a crevé les pneus de toutes                                les voitures disponibles.

Puerro :       - Il me semble indélicat de laisser ce cadavre sur cette table, d'autant plus, que, d'après mes calculs, il                                    commencera bientôt à puer la charogne.

Solmes :      - [au téléphone] Nous donnez-vous l'autorisation de déplacer le corps, il est au milieu de la salle à manger ?...                       Un témoin ?... Il y a bien ici Hércules Puerro, mais... [Goguenard, à Puerro] Il m'a demandé : « Qui est-ce, ce                           légume ? ».
 

Puerro :       - [vexé] Prenez-vous Puerro pour un naïf ? Le commissaire a été plus bavard, quand on considère le temps                              que vous avez passé au téléphone.

Solmes :      - [résigné] D'accord !... Il pense que mon assistant étant Puerro, il n'y a pas de problème.

Puerro :       - Assistant ?

 

Solmes :      - Oui... enfin... il a plutôt employé le mot d'associé. [Au téléphone] Vous êtes toujours là, Commissaire ?... Si                          nous ne confondons pas le coupable, nous porterons le chapeau ? [À Puerro] Si nous ne trouvons pas                                        l'assassin, vous en serez responsable.

Puerro :       - Pourquoi moi ?

Solmes :     - J'ai une casquette, pas un chapeau. [Au téléphone] Comment ?... Au frais ? [À Adèle] Madame, en attendant                        la police officielle, avez-vous un réfrigérateur ?

Adèle :        - Bien sûr que oui.

Solmes :     - Ce pauvre homme pourrait-il entrer dedans ?

Adèle :        - Bien sûr que non.

Solmes :     - Un congélateur ?

Adèle :        - Oui ! À la cave ! Mais... il faudrait le plier.

Puerro :      -  La rigidité cadavérique l'empêche. Peut-être qu'en le tassant un peu...

Solmes :     - [Au téléphone] C'est arrangé ! Merci de votre obligeance, à bientôt.

         Solmes raccroche.

Solmes :     - Portons-le à la cave.

         Solmes et Puerro emportent le cadavre avec difficulté, suivis d'Adèle.